Comme nous vous en avions informé, voici un retour non exhaustif de nos rencontres avec les têtes de liste candidates à la Mairie des Clayes sous-bois, et ceci à leur demande, dont nous les remercions pour leur écoute, le temps passé, et les réponses à nos questions.
- Le 21 mai 2020, nous avons rencontré Mr HUE, qui connaissait notre engagement pour l’environnement et le projet HPL Bataille, mais aussi le projet des Bruyères.
Il a indiqué qu’étant dans l’opposition le dossier n’était pas porté à sa connaissance et qu’il lui était très difficile d’interagir et de poser des questions pertinentes, au vu des données « inexistantes » en sa possession.
S’il était élu, « il apporterait un nouveau regard sur ces projets, et tant que tous les points encore en suspens ne seraient pas levés ou résolus, il s’opposerait, tant que faire ce peut, à la finalisation de ces projets ».
- Le 25 juin 2020, nous avons rencontré Mme Frémont, qui avait eu connaissance de ces projets , mais ces projets n’étant pas dans son périmètre de responsabilité, elle n’avait pas eu à intervenir et elle n’avait pas été sollicitée, malgré qu’au vu de son passé professionnel et de son expertise sur tout ce qui touche à l’analyse des sols et aux terres polluées, aux dangers du ruissellement, aux effets dus à une pluviométrie excessive, aux accès des secours, au flux de circulation excessif, aux parking sous dimensionnés, tous ces sujets qu’elle connait fort bien et qu’elle maitrise, sa vision aurait été un plus.
Elle indique qu’elle n’aurait probablement pas valider cette demande de permis de construire, sans au préalable avoir obtenu de la part des vendeurs, les autorisations et conformités adéquates en la matière pour un tel projet et évitant à des associations comme la nôtre, d’intervenir et d’être contrainte « d’ester » en justice contre ces propriétaires, et ensuite contre un promoteur, qui menace, agit sans autorisation, ne respecte pas les directives de la mairie.
Nous avons bien compris, d’après ses propos, que si elle était élue, elle réviserait certains points, et d’abord celui de l’analyse des sols, de la police de l’eau, car à ce jour, cet accord, sans lequel l’autorisation de construire ne peut être, n’est toujours pas accordé par la préfecture.
- Le 26 juin 2020, nous avons rencontré Mr Guiguen, dont nous avons, à la suite de nos échanges, pu récupérer un dossier complet autour de nos questions, dont réponse à nos questions ci-dessous :
« Nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les actions concrètes que vous exigerez pour la poursuite de ces travaux, en tenant compte de la spécificité argileuse du terrain et donc de l’étude géologique de l’ensemble de la zone. En cas de non-réalisation et publication (pour la transparence du dialogue de la mairie avec ses administrés) de cette étude des sols, comment envisagez-vous de contraindre la société ALILA à prendre les mesures nécessaires et autoriserez-vous la réalisation du chantier en l’état actuel ?
« A titre liminaire, je pense qu’il convient surtout de rappeler ce qu’il est possible de faire ou de ne pas faire en droit. Une fois qu’une zone est classée comme constructible dans un PLU, il n’est pas possible d’interdire l’urbanisation future. La loi et la jurisprudence interdisent par ailleurs d’opérer un retour en arrière en classant comme inconstructible une zone qui l’était auparavant.
Ainsi la raison pour laquelle les habitations de votre quartier existent et peuvent être améliorées / Modifiées, est la même que celle qui permet aujourd’hui au constructeur de réaliser ce projet.
Des règles peuvent cependant (et heureusement) limiter la densité. C’est bien ce que la majorité actuelle nous avons mis en place dans le PLU de 2012, en édictant dans le PLU un certain nombre de règles permettant d’éviter une urbanisation excessive.
Ainsi la hauteur maximale autorisée est de 10 m. au faitage, c’est-à-dire celle de maisons individuelles « classiques ». L’emprise au sol de la construction ne peut excéder 40% de la superficie de la parcelle en UC et UCd , ce qui est encore une fois relativement habituel pour une zone d’habitat pavillonnaire. Enfin il existe une règle interdisant les façades de plus de 20 mètres.
Des règles plus strictes auraient d’ailleurs pour conséquence, non seulement d’empêcher toute extension / amélioration des maisons existantes et qui, de fait, entrainerait une baisse de la valeur vénale de l’ensemble des terrains de la zone.
Une dernière précision importante est que la loi et la jurisprudence interdisent qu’un PLU fasse une différence entre logement individuels et collectifs. Dès lors donc qu’une zone est constructible, l’habitat collectif l’est également (même si ce n’est pas notre choix sur une zone nous ne pouvons l’interdire).
Les promoteurs ayant des difficultés à trouver des terrains constructibles non urbanisés. ils cherchent à convaincre quelques propriétaires riverains pour pouvoirs réaliser des projets immobiliers. C’est le cas présentement les terrains objets du projet ALILA appartenaient à des particuliers. C’est la vente de ces derniers qui rend ensuite les projets possibles. De plus la commune n’est plus titulaire du droit de péremption depuis la loi NOTRE, ainsi elle ne peut plus décider seule de préempter ces terrains. De toute façon cela serait sans doute compliqué voire impossible, puisque les terrains étant achetés au-dessus des prix du marché immobilier, la commune n’ aurait pas la capacité de « porter » l’ensemble des terrains achetés par les promoteurs.
Au regard de ces éléments il faut bien comprendre qu’un projet comme celui d’Alila qui respecte l’ensemble des règles évoquées plus haut ne peut pas être empêché / interdit.
Ceci même si personnellement je ne peux être favorable à ce type de projet dans cette zone.
Toute affirmation contraire serait mensongère.
Le Maire qui refuserait un tel permis se verrait attaqué, et non seulement le permis serait alors délivré sur décision judiciaire, mais de plus la commune serait condamnée à des dommages et intérêts à verser au propriétaire / promoteur
Pour répondre à la question des études de sol.
Deux éléments sont à prendre en compte. Une étude de sol est fournie au permis de construire. Cette dernière a pour rôle d’éclairer la décision sur la délivrance du permis de construire, notamment quant à la gestion des eaux pluviales. Dans le cas du présent projet, la nature des sols a notamment pour conséquence d’obliger le promoteur à réaliser des bassins de rétention d’eau pluviale, qui sont dimensionnés en fonction de la surface imperméabilisée. Les calculs sont vérifiés par les ingénieurs du COBAHAMA qui appliquent les règles édictées dans le SAGE de la Mauldre. Cet organisme a justement pour objectif la protection des ressources en eaux.
Le permis de construire a été délivré au regard de cette étude de sol et sur avis favorables des ingénieurs du COBAHAMA. (Dans la mesure où l’avis est également favorable la ville ne peut s’y opposer)
Cette étude de sol est une pièce du permis et elle est consultable comme toutes ses pièces.
La seconde partie des études de sol concerne le droit de la construction. Elle va avoir pour effet de déterminer notamment le type de fondations qu’un projet de construction doit respecter. Cette question n’est pas réglementée par le PLU et n’est pas contrôlée au titre de l’urbanisme. Toutefois les assurances des constructeurs et la responsabilité des maitres d’œuvre et des bureaux d’études peut être mise en cause en cas de non-respect, puisque les futurs propriétaires pourraient avoir des désordres.
Cette seconde étude de sol ne peut être communiquée que par Alila et « à son bon vouloir ».
Personnellement je n’accepte pas cette situation et je m’engage à peser pour qu’elle nous soit fournie ainsi qu’à l’association.
Ainsi toutes les garanties existent pour prendre en compte la nature argileuse du terrain dans le cadre du permis de construire.
Une entreprise de travaux peut toujours ne pas respecter les règles de l’art et entrainer des désordres. Auquel cas les assurances habitations jouent pleinement leur rôle, tant pour l’expertise technique que pour les éventuelles réparations et/ou indemnisation. La commune a toujours accompagné les riverains dans de telles problématiques, mais encore une fois dès lors que les déclarations de sinistres sont faites, les dossiers aboutissent toujours.
Enfin concernant les dommages causés à la voirie publique évoqués, la commune a d’ores et déjà constaté les dégâts, et la facture des travaux de reprise sera adressé à l’entreprise de travaux, comme c’est toujours le cas dans pareille situation.
Si des dégâts nouveaux apparaissaient je ferai procéder à l’identique
Oui, comme évoqué plus haut, je m’engage à communiquer l’étude de sol à l’association.
Il convient cependant de préciser qu’en plus des obligations relatives au SAGE de la mauldre évoquées ci-dessus, les projets d’une certaine importante sont soumis à ce que l’on appelle communément le dossier « loi sur l’eau ». Ce dossier est instruit par la préfecture qui en fonction des éléments donnés par le constructeur donne ou non son aval au projet. C’est le cas du projet Alila.
Cette déclaration est réalisée par le maitre d’ouvrage pour tous projets d’installation, d’ouvrages, de travaux ou activités qui risquent d’avoir un impact sur le milieu aquatique et la ressource en eau. Elle a pour but de déterminer les incidences du projet sur l’environnement et de préciser les mesures compensatoires ou correctives envisagées par le maitre d’ouvrage du projet, notamment concernant les zones humides.
C’est d’ailleurs la mairie qui a contraint la société Alila à déposer ce dossier.
Afin de s’assurer du respect de cette législation, déconnectée du droit de l’urbanisme la ville délivre les permis de construire sous réserve de l’accord de la préfecture sur ce point. Le dossier est toujours en instruction à la préfecture et ainsi le permis de construire ne peut pas encore être exécuté.
C’est la raison pour laquelle la Mairie a refusé le démarrage des travaux dans l’attente de cette confirmation.
Je m’engage à maintenir cette interdiction tant que la préfecture n’aura pas donné son aval. Bien évidemment sans cet aval je ne cautionnerai pas ce projet.
Je m’engage à accompagner dans les recours qui seraient déposés par les particuliers auprès des tribunaux judiciaires, mais encore une fois nous ne connaissons aucun contentieux similaire qui n’ait pas aboutit.
Au surplus il convient de préciser que s’agissant de préjudices de type, les propriétaires n’ont pas de frais de justice à exposer étant donné que les assurances habitations prennent en charge, y compris les recours.
En tant que candidat je considère qu’il est de ma responsabilité d’exposer ce qui est réalisable. Il n’est pas dans ma conception de faire des « promesses irréalisables » qui tromperaient.
Il est donc une chose de faire des promesses en tant que candidat, c’est une autre de les assumer et de les respecter ensuite. La responsabilité impose donc d’exposer ce qu’il est possible de faire, et non de faire des promesses qui ne règleraient rien et surtout qui entrainerait des condamnations pour la commune.
En revanche j’assumerai pleinement tous mes engagements pour vous accompagner. »
Ph Guiguen
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Chères adhérentes et adhérentes, maintenant nous disposons de la vision par chacun des candidats sur ce projet HPL Bataille.
Notre conclusion, à nous, bureau de l’A.P.E.C.B est la suivante :
- Un maire doit assumer et assurer son rôle de maire dans la complétude de sa mission (car c’est une mission que lui confie son électorat), il ne suffit pas de paraître, mais d’être impliqué dans la compréhension des problèmes (personne ne sait tout, mais tout le monde a le droit de comprendre et de poser des questions avant de signer et ainsi de valider une demande, un accord, etc…).
- Il est important d’avoir un rôle de délégué ou adjoint au maire à l’urbanisme (inexistant aux Clayes sous-bois), fonction majeure dans l’épanouissement, la construction, la modélisation d’une commune qui allie son expansion à l’intelligence d’un habitat réfléchi.
- La maitrise par l’écoute, l’implication des autres (associations, collectifs, etc…) et aussi une gestion saine qui permet à une commune de bien vivre.
La gestion opaque de ce dossier apporte les preuves que peu de personnes connaissait ce dossier dans sa complétude, qu’il était géré à son plus haut niveau, et partagé par peu de personnes.
Cette conclusion n’engage que nous, bureau A.P.E.C. et par notre connaissance approfondie du dossier.
Nous vous souhaitons à toutes et tous une excellente fin de WE et un vote qui apporte le meilleur à notre commune.
Le bureau A.P.E.C.B